Héritages critiques – vol. 19
coll. dirigée par Bernard Teyssandier
L’Affaire Théophile (1622-1626)
Poésie, justice et polémique dans la France du premier XVIIe siècle
dir. Delphine Amstutz et Michèle Rosellini
17 septembre 1623 : le poète Théophile de Viau est arrêté à la frontière nord du royaume de France qu’il s’apprête à quitter. Sur lui pèsent de graves menaces, car, inculpé de crime de lèse-majesté divine et d’atteintes à l’honnêteté publique dans les semaines qui ont précédé, il a été brûlé en effigie sur la place publique. Incarcéré à la Conciergerie, il sera jugé par le Parlement de Paris, dont le procureur général, Mathieu Molé, s’empresse de constituer un dossier à charge. C’est une partie de ce dossier que cet ouvrage donne à lire dans une approche historique, poétique et critique. Un des enjeux de cette enquête sur l’enquête est de comprendre s’il était possible, même au XVIIe siècle, d’être condamné pour la publication d’un simple sonnet, fût-il un éloge de la sodomie. Ou alors, ce chef d’accusation n’était-il qu’un prétexte à l’offensive de milieux politiques et religieux décidés à mettre un terme à l’impiété et à la liberté de mœurs contemporaines ? Le mot « libertinage » devient une arme dans ce combat judiciaire et restera durablement associé à l’affaire Théophile, malgré l’élargissement du poète en 1625. Pourtant, avant de mourir l’année suivante, peut-être des suites de ses conditions d’incarcération, Théophile a renversé la situation en sa faveur en ne cessant d’écrire et de publier depuis son cachot. Cette poésie carcérale, dont le présent volume offre aussi une sélection, mérite d’être relue comme la part la plus sensible et la plus engagée de l’œuvre de l’écrivain.
24 septembre 2026
392 pages | ISBN : 978-2-37496-258-0
prix de vente : 25 € TTC
Disponible en librairie et sur le Comptoir des Presses d’université

Lecture littéraire et archives du personnage vient clore vingt années de recherches menées dans le cadre du séminaire rémois ” Approches interdisciplinaires et internationales de la lecture “. Se dégageant de la bipolarité lecteur-texte, mise en avant par la première théorisation de la lecture littéraire, l’approfondissement mené au fil de deux décennies a exploré, sous la notion expérimentale d’arrière-texte, l’horizon culturel et existentiel dédoublé auquel renvoie la relation littéraire. Le retour à la notion de parole, pensée avec les linguistes comme interaction, redéfinit les contours d’un troisième pôle, absent-présent : l’archive-texte se fait ici trace de l’archive-auteur. Les notions de personnage et de fiction apparaissent à cet égard inséparables du contrat mouvant et révisable passé, grâce à l’artefact textuel, entre les deux parties. Il s’agit aussi, sous la catégorie complexe de parole, de repenser le paradoxal statut du verbe littéraire, dissociant l’oral et l’écrit ou les associant lorsque le discours proféré se fait style. Derrière l’écrit, encore prépondérant dans la littérature contemporaine, se profile ainsi un horizon plus large intégrant les formes orales traditionnelles.






Comment comprendre l’émergence récente de nouvelles pratiques vocales ? Comment penser ces répertoires émergeant entre poésie et musique et comment analyser leur dimension multimédiale ou collaborative ? Comment repenser la voix, qu’elle émane de la musique, des diverses médiations orales de la poésie contemporaine, de la performance, de la création radiophonique ou encore de la vidéo-poésie numérique ? Quelles tensions et quelles fécondations réciproques animent ces nouvelles vocalités entre poésie et musique ? Pour répondre à ces questions, l’ouvrage entend faire dialoguer les disciplines en vue d’une compréhension globale de ces vocalités contemporaines situées à l’intersection des champs de la poésie et de la musique. Il veut éclairer ces nouveaux usages de la voix provenant de poètes, de compositeurs et d’artistes multimédias ; et il souhaite montrer comment ces usages sont directement en prise avec la société dans laquelle ils s’inscrivent.