Archives de catégorie : Dans les médias

Conseil de déontologie journalistique : un tribunal pour la presse ?

Alexis Lévrier est l’invité de Caroline Broué sur France Culture pour l’émission La fabrique médiatique : diffusion le 30 novembre 2019.

Crédits : BERTRAND GUAY – AFP

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Régulièrement, et depuis plusieurs années maintenant, la presse est accusée de se transformer en « tribunal médiatique ». Les dernières affaires Haenel et Polanski en sont un dernier exemple. Dans ce contexte de méfiance voire de défiance envers les médias, lundi sera lancé officiellement un Conseil de déontologie journalistique et de médiation, une instance tripartite qui impliquera à la fois journalistes, médias et public.

Objectif de ce conseil : garantir aux citoyens l’accès à une information de qualité.

Est-ce une réponse à l’accusation de « tribunal médiatique » ?

 

Alexis Lévrier est maître de conférences à l’Université de Reims Champagne Ardenne et membre du CRIMEL (EA3311). Il est également chercheur associé au Gripic (EA 1498 – Celsa Sorbonne Université).

 

une émission de “Secrets d’histoire” sur Jean de La Fontaine (France 2)

Céline Bohnert participe à l’émission “Secrets d’Histoire” sur Jean de La Fontaine animée par Stéphane Bern : diffusion jeudi 22 août sur France 2.
Interviewés: Patrick Dandrey, Fabrice Lucchini, Claire Lesage, Thomas Morel, Eric Orsenna, Jean-Christian Petitfils, Tiphaine Rolland…
L’émission est disponible en replay jusqu’au 21 septembre.

Faut-il protéger davantage les journalistes ?

Crédits : Bubaone – Getty

Alexis Lévrier participe à l’émission Le Magazine du week-end sur la radio France Culture avec Fabrice Arfi, journaliste à Médiapart et  Leila Miñano, journaliste indépendante : diffusion le 18 août 2019.

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Convocations de journalistes à la DGSI, perquisitions dans des locaux de presse, procédures judiciaires… Les menaces qui pèsent sur le journalisme d’investigation sont nombreuses, et ont été renouvelées après que la loi sur le secret des affaires, qui transpose dans le droit français une directive européenne sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales, a été validée le jeudi 26 juillet 2018 par le Conseil constitutionnel. Cette loi fait notamment craindre pour l’avenir du journalisme d’investigations.

Alors faut-il mieux protéger les journalistes d’enquêtes, qui aujourd’hui ne peuvent opposer aux attaques en justice que leur fonction démocratique et leur mission de service de l’intérêt général ?

Alexis Lévrier commence par revenir sur le caractère particulièrement inédit de la situation :

Il y a toujours eu, de la part du pouvoir, une méfiance à l’égard des journalistes et une volonté très française d’encadrer leur rôle. Néanmoins, neuf convocations de journalistes par des services de renseignements en deux semaines, c’est incroyable

L’historien prolonge sa réflexion en rappelant que le président Macron, soucieux de la verticalité de son pouvoir, reprend à son compte les attitudes de De Gaulle et de François Mitterrand à l’égard des médias. Pour Fabrice Arfi, la judiciarisation croissante du travail du journaliste d’investigation, qui pousse de plus en plus de reporters devant les tribunaux, est indéniablement un moyen d’intimidation.

Il y a en ce moment une frénésie judiciaire qui s’attaque à l’essence même de notre travail : les journalistes sont traités comme suspects alors qu’ils font leur travail et poursuivent une mission d’intérêt général.

Et de poursuivre par une référence historique :

On devrait pourtant se rappeler que la révolution de 1830 fait suite aux ordonnances de Charles X qui suspendent la liberté de la presse ! Attaquer le journalisme, c’est attaquer un socle de droits fondamentaux

Leila Miñano défend de son côté bec et ongles la structuration des journalistes et des reporters autour de groupes ou de collectifs puissants. Pour elle, l’union fait la force :

Dans un contexte où nous sommes de plus en plus amenés vers des tribunaux, il nous faut être épaulés par les rédactions, et par nos partenaires internationaux. C’est tout le sens d’une initiative comme ” Investigate Europe”

Alexis Lévrier est maître de conférences à l’Université de Reims Champagne Ardenne et membre du CRIMEL (EA3311). Il est également chercheur associé au Gripic (EA 1498 – Celsa Sorbonne Université).

Les journalistes doivent-ils et peuvent-ils être objectifs ?

 

Crédit : Getty / Mihajlo Maricic / EyeEm

Alexis Lévrier est l’invité de Nadia Daam sur France Inter pour l’émission Le Débat de midi : diffusion le 30 juillet 2019.

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L’injonction d’objectivité des journalistes est particulièrement d’actualité avec le contexte de fake news, de prolifération de médias dits alternatifs. Mais le public a-t-il cette même exigence sur tous les sujets ? Comment différencier honnêteté et objectivité ? Journaliste et militant ?

C’est peut-être la critique la plus régulièrement adressée aux journalistes, le manque d’objectivité. C’est en accusant un article, un reportage ou une chronique, de manquer d’objectivité qu’on va chercher à disqualifier son auteur. En qualifiant aussi le dit journaliste, au choix, de propagandiste, de chien de garde, du très élégant “gauchiasse”, ou récemment, comme on l’a vu dans l’affaire de Rugy, de “journaliste de démolition”.  

Les politiques eux-mêmes ne sont pas les derniers à rappeler à la presse ce supposé devoir de neutralité. C’est ce qu’a fait avec une forme de gourmandise et peut-être une pointe de perversité François Asselineau, à une journaliste qui l’interrogeait sur la pluralité des opinions à la télévision lors de la campagne pour la dernière présidentielle. “On a le sentiment que tout le monde pense la même chose dans les médias et beaucoup de Français ont l’impression que l’ensemble des journalistes pensent dans le même sens”, lui avait répondu le candidat Union populaire Républicaine à la présidentielle avant de rajouter que “les journalistes devraient respecter la charte de Munich, la charte de l’éthique journalistique”. 

Faut-ils que les journalistes soient objectifs, honnêtes, impartiaux, neutres ?

On pourrait aussi lui rétorquer que cette fameuse charte de Munich, intime le devoir de respecter la vérité, de ne pas être inféodé aux annonceurs, ou encore de ne pas diffamer. Mais pas stricto sensu, d’être “objectif”. Parce que c’est peut-être avant tout un débat sémantique : doit-on parler d’objectivité, d’honnêteté, d’impartialité, de neutralité ? La vérité est-elle une opinion ?

Pour en débattre ce mardi, avec nous autour de la table, Faiza Zerouala, journaliste chez Mediapart, Géraldine Muhlmann, journaliste et professeure en Sciences politiques à l’université de Paris Panthéon Assas, Alexis Lévrier, maître de conférences à l’Université de Reims et chercheur associé au Gripic, groupe de recherches interdisciplinaires sur les processus d’information et de communication au Celsa Sorbonne Université et Dominique Pradalié, secrétaire générale SNJ, syndicat national des journalistes.

Alexis Lévrier est maître de conférences à l’Université de Reims Champagne Ardenne et membre du CRIMEL (EA3311). Il est également chercheur associé au Gripic (EA 1498 – Celsa Sorbonne Université).

La Mythologie des boiteux dans Libération

Le livre de Karin Ueltschi, Mythologie des boiteux et du pied fabuleux. Œdipe, Jacob, Mélusine & Cie, Paris, Imago, 2019 (300p.) fait l’objet d’un article de Robert Maggiori publié dans le  numéro de Libération du 25 juillet 2019: à lire ici.

Karin Ueltschi est professeur de Langue et Littérature du Moyen Âge à l’Université de Reims et membre du CRIMEL.

Crédit: Artiste anonyme, “Oedipe abandonné”, dans Jean Mansel, Fleur des histoires, fin du 15e siècle – BNF

Qu’est-ce qu’un vrai journaliste ?

Le 8 décembre 2018, à Paris, lors de la mobilisation des “gilets jaunes” • Crédits : YANN CASTANIER / HANS LUCAS – AFP

Alexis Lévrier est l’invité de  Hervé Gardette sur France Culture pour l’émission Du grain à moudre : diffusion le 20 juin 2019 .

Ecouter l’émission.

Mais comment faisaient les journalistes pour s’engueuler entre eux avant l’invention de Twitter ? Le réseau social est devenu le réceptacle des débats internes à la profession. Comme par exemple le week-end dernier avec le « cas » Taha Bouhafs. Taha Bouhafs est reporter pour le site Là-bas si j’y suis. Le 11 juin dernier, il est interpellé alors qu’il couvre une manifestation de soutien à des travailleurs sans-papiers dans le Val de Marne. Garde à vue, téléphone confisqué.

Une vingtaine de sociétés de journalistes de médias, dont celle de France Culture, publient une tribune pour dénoncer cette interpellation. Tribune « en soutien au journaliste Taha Bouhafs ». Et c’est la mention « journaliste » qui provoque le débat sur Twitter. Pour certains, ce titre est usurpé, Bouhafs ne serait qu’un militant, par ailleurs coupable d’avoir propagé une rumeur en avril 2018 lors de l’évacuation de la fac de Tolbiac à Paris par les forces de l’ordre.

Ses partisans rappellent au contraire que ce sont ses images qui sont à l’origine de l’affaire Benalla ; que par ailleurs le fait d’avoir une carte de presse n’est pas une condition sine qua none pour se dire journaliste. Ce débat est intéressant dans la mesure où il interroge le périmètre et la nature d’une profession fragilisée comme jamais.

Alexis Lévrier est maître de conférences à l’Université de Reims Champagne Ardenne et membre du CRIMEL (EA3311). Il est également chercheur associé au Gripic (EA 1498 – Celsa Sorbonne Université).

La Mythologie des boiteux sur Radio VMC Montréal

Le livre de Karin Ueltschi, Mythologie des boiteux et du pied fabuleux. Œdipe, Jacob, Mélusine & Cie, Paris, Imago, 2019 (300p.) sera recensé par Marilou Brousseau dans l’émission “Au Coeur de l’être” sur Radio VMC Montréal:

  • jeudi 9 mai à 20h
  • vendredi 10 mai à 13h
  • mardi 30 mai à 4h
    (heure de Montréal)

L’émission Au Cœur de l’Être vise à mieux saisir les comportements individuels et sociaux grâce à des entrevues avec des psychiatres, psychologues, psychanalystes, philosophes, travailleurs sociaux, psychoéducateurs et des gens du milieu artistique et littéraire. Il s’agit de réflexions en profondeur sur les conduites individuelles et sociales.

Écouter l’émission.

Accéder à la page Facebook de l’animatrice.

Karin Ueltschi est professeur de Langue et Littérature du Moyen Âge à l’Université de Reims et membre du CRIMEL.

Crédit: Artiste anonyme, “Oedipe abandonné”, dans Jean Mansel, Fleur des histoires, fin du 15e siècle – BNF

Faut-il imposer le pluralisme aux médias ?

 

Les douze têtes de listes aux Européennes se sont affrontées jeudi 4 avril dans un débat organisé par France 2 et France Inter, dans “L’Emission politique” (capture d’écran)

Alexis Lévrier est l’invité de  Hervé Gardette sur France Culture pour l’émission Du grain à moudre : diffusion le 8 avril 2019.

Ecouter l’émission.

Elections européennes obligent, les médias devront se soumettre aux règles édictées par le CSA afin de rendre compte de la pluralité des idées politiques. Des règles de plus en plus complexes à mettre en œuvre. Où placer le curseur entre contrainte médiatique et contrainte démocratique ?

Ils n’étaient pas invités mais ils ont réussi à forcer l’entrée. Benoit Hamon, Florian Philippot et François Asselineau ont finalement débattu jeudi dernier sur France 2 et France Inter, avec neuf autres têtes de listes des prochaines élections européennes. Saisi en référé, le tribunal administratif de Paris leur avait donné raison quelques jours plus tôt, au nom du respect du pluralisme.

Cette décision (contestée ensuite par le Conseil d’Etat) crée un précédent. Elle autorise désormais n’importe quelle formation politique à se tourner vers les tribunaux, si celle-ci estime qu’elle n’est pas traitée médiatiquement de manière équitable. Les juges pourraient ainsi finir par se substituer à l’instance de régulation de l’audiovisuel, le CSA, lequel est pourtant là pour faire respecter les règles du pluralisme.

A vrai dire, la question n’est pas nouvelle.

Elle se pose à chaque période électorale désormais : comment faire en sorte que les candidats soient traités de manière à ce qu’ils aient des chances identiques le jour du scrutin, tout en tenant compte du poids politique de chacun ? Une quadrature du cercle d’autant plus difficile à aborder que les médias font l’objet d’une défiance de plus en plus forte, du fait de leurs liens avérés ou supposés avec le pouvoir politique.

“Faut-il imposer le pluralisme aux médias ?”

Michèle Léridon :

La règle d’or, c’est l’équité. On ne parle pas d’égalité pure dans le sens où il faut quand même tenir compte de la représentativité de chaque groupement et de chaque personnalité.

Alexis Lévrier :

A chaque élection, il y a un fantasme qui est utilisé par les leaders de l’opposition qui consiste à dire que les médias publics sont aux ordres du pouvoir.

Catherine Nayl :

Même si nous devons être sur le respect du pluralisme – nous avons tous des cahiers des charges et des chartes que nous avons signés, des engagements auprès du CSA -, moi j’estime que l’on a aussi un devoir par rapport aux gens qui nous écoutent : celui de faire notre travail le plus clairement pour leur apporter un certain nombre de réponses à des idées.

Alexis Lévrier est maître de conférences à l’Université de Reims Champagne Ardenne et membre du CRIMEL (EA3311). Il est également chercheur associé au Gripic (EA 1498 – Celsa Sorbonne Université).

« L’Ancien français reflète notre humanité »

Interview de Karin Ueltschi dans Mythologie Magazine.

La défense du vieux français, dans un monde qui prise par-dessus tout la prouesse technique et l’intelligence productive, est tout le contraire d’un combat d’arrière-garde, estime la médiéviste Karin Ueltschi.

Retrouvez ce sujet dans MYTHOLOGIE(S) n°32 “Du chaos au renouveau. Dieux fondateurs et récits originels de l’Égypte ancienne”, actuellement en kiosques.

Crédit: “Serment de Strasbourg” (Sacramenta Argentariae). Le texte en roman des Serments constitue pour ainsi dire l’acte de naissance de la langue française dans le cadre d’un accord politique d’envergure historique. En 842, l’alliance militaire entre deux fils de Louis le Pieux, Charles le Chauve et Louis le Germanique, contre les ambitions de leur frère Lothaire Ier, annonce le traité de Verdun conclu en 843, par lequel les trois petits-fils de Charlemagne se partagent l’Empire carolingien en trois royaumes. Manuscrit latin, 842. Paris B.N. © DeAgostini/Leemage.

Les gilets jaunes et les médias

Alexis Lévrier analyse les relations entre les gilets jaunes et les médias :

– « Gilets jaunes et journalistes, pourquoi tant de haine? », interview pour Les Inrocks par Mathieu Dejean, article paru en ligne le 16 janvier 2019.

– « Gilets jaunes: la défiance envers les médias », entretien dans le journal de France 24, 13 janvier 2019: voir la vidéo.

– « La presse, ennemie fantasmée des gilets jaunes », tribune parue dans Le Monde, Dimanche 13-Lundi 14 janvier 2019, « Débats et analyses », p. 24. Article disponible en ligne (accès réservé aux abonnés).

Alexis Lévrier est maître de conférences à l’Université de Reims Champagne Ardenne et membre du CRIMEL (EA3311). Il est également chercheur associé au Gripic (EA 1498 – Celsa Sorbonne Université).

Crédit: Christophe Becker, Gilets jaunes #12 – source: Flickr.